Prix ArGiLe

Prix ArGiLe 2004

 

"Evaluation du statut trophique d'un canal de drainage sous l'impact des pollutions d'origines diffuses et ponctuelles: le cas du Grand Canal de la plaine du Rhône." Sophie Cornaz et "Changer la ville pour changer la vie. Constructions et urbanisme de la Bienne rouge (1921-1939)", Julien Steiner

Remarque liminaire: L?attribution du prix du mérite 2004 a donné lieu à un petit «couac». Après la lecture par chacun de ses membres des 7 mémoires sélectionnés, le comité de lecture délibéra longuement et vota, mais fut incapable de se mettre d?accord sur le nom du candidat à récompenser par le prix 2004. Il reprit son travail, mais demeura bloqué au vote à 2 contre 2. Des discussions eurent lieu avec le comitéArGiLe pour sortir de l?impasse, mais finalement le jury se présenta devant l?Assemblée Générale en proposant de ne pas attribuer de prix du mérite 2004.

C?est l?Assemblée Générale d?ArGiLe qui décida à l?unanimité moins une voix de remettre tout de même un prix et, à partir de l?analyse des mémoires effectuée par le jury, attribua un prix ex-aequo à Sophie Cornaz et à Julien Steiner.


Après avoir expliqué en détail, avec une grande clarté et un remarquable souci didactique, la qualité physique, biologique et chimique de l?eau, Sophie Cornaz (résumé de son mémoire ci-après) nous emmène dans un vaste travail de terrain durant lequel elle analyse à quatre dates réparties sur un laps de temps d?environ 6 mois l?ensemble des critères de qualité de l?eau dans le Grand Canal et ses affluents entre Bex et le Léman. Ces mesures, observations et prélèvements sont suivis par une importante phase d?analyse en laboratoire. De l?ensemble ressort un impressionnant panorama de données habilement commentées. Le soin de l?écriture et de la présentation, la qualité, la diversité des documents, en particulier des photographies, parfaitement intégrés, la clarté de la démarche assumée jusqu?au bout font de ce travail un excellent mémoire qui s?inscrit comme une étape fort utile dans la connaissance de ce milieu si important que constitue la plaine du Rhône. Tout de même, on reste un peu frustré sur une certaine faiblesse des conclusions.


Il l?annonce d?entrée, Julien Steiner (résumé de son mémoire ci-après) réalise une étude de géo-histoire, cela implique que le traditionnel travail de terrain s?effectue ici essentiellement dans le dépouillement des sources historiques. Notre historien-géographe veut tester si la majorité politique de gauche au pouvoir dans les années trente à Bienne a vraiment changé sa manière de «faire la ville» comme elle le proclamait. En nous permettant un raccourci forcément réducteur, disons que Julien Steiner arrive à la conclusion que, dans les faits, les «rouges» intègrent le mode bourgeois de «production de ville». Du point de vue formel, ce mémoire est remarquable par son style clair, le respect de la langue, la qualité et la variété des documents. Leur présentation astucieuse sur la page de gauche permet une excellente intégration. On relèvera encore une parfaite maîtrise de la démarche, une argumentation sans faille et un souci didactique notable pour conduire le lecteur au c?ur de la problématique. Le géographe regrettera la part congrue des références à la ville de Bienne actuelle, mais en datant son regard, Julien Steiner l?avait annoncé, il reste donc cohérent et renonce à livrer un mémoire-fleuve, ce qui, à l?heure de l?informatique, demeure une qualité.